Le soleil s’élève déjà sur les flots de la Méditerranée
lorsque le réveille sonne le lever. Les rayons bas glissent sur les crêtes des
vagues traînant un voile rosâtre. Le navire semble endormi et emporté par le
gré de la mer.
Au loin, nous devinons pendant le petit-déjeuner les côtes
de Malte. De vastes falaises ocre se dressent face à la mer. Lentement, le
navire longe cette barrière de pierre pour atteindre une autre île. Un bras au
couleur marine tranche les deux terres. Des immeubles en béton pilonnent le
sable doré des plages à l’Est de la cité de La Valette.
Doucement, le navire glisse sur une Méditerranée calme et
d’azur immaculé. La cité de pierre crème et d’ocre jaune se dresse devant nous.
L’arrivée par mer est vraiment mémorable avec la forteresse qui protège la
vieille cité, les deux fins et délicats bras terminés par des phares qui
bloquent l’entrée du port et l’escalier de maisons grimpe jusqu’à sommet de la
ville. Les volets se colorent de teintes vives pour contraster avec les murs
jaunâtre des immeubles.
Après le repas, nous sortons explorer Malte. La chaleur
torride tape sur nos têtes, et rend moite notre peau. Nous décidons de prendre
la route montante sur Crucifix Hill jusqu’au Mémorial War sur Triq Gilormu
Cassar le panorama du port s’offre à nous. Nous arrivons sur la place Mistrar
inondée de chaleur, il pleut des rayons solaires comme une averse tropicale. Un
flamboyant solitaire éclaire de ses couleurs fuchsia le mur brûlé par l’astre
solaire de St James Cavalier.
Nous prenons South Street jusqu’à la rue de la république
qui est fort animée. Depuis notre dernier passage de nombreux aménagement change
la place avec un nouveau parlement à l’architecture contemporaine et la
réfection du Royal Opéra House Open Air Theater. Malgré ceci, la cité conserve
son caractère médiéval qui fait son charme.
Nous arpentons la Trip Ir-Repubblika, l’artère le plus animée de la vieille ville. Nous arrivons jusqu’au square de la république où trône
encore une statue de la Reine Victoria. En face, nous redécouvrons le fameux
établissement : Cordina qui officie depuis 1837. Nous effectuons une pause
après cette douche de rayons solaires. André prend un cappuccino accompagné
d’un Tiramisu et moi, je sirote un Crush.
Nous retournons dans la fournaise pour trouver un magasin
biologique indiqué par la serveuse Diane. Nous effectuons un arrêt au
GrandMaster’s Palace and Armory puis nous tournons sur la grande rue Marchant.
La voie est moins fréquentée. Hélas, la boutique est fermée. Sur la rue Melita,
nous stoppons quelques instants à l’Office du tourisme. Nous prenons une carte
de la cité et l'hôtesse nous indique un autre magasin. Cette fois,
l’établissement qui est à quelques pas est bien ouvert. André ne trouve pas son
bonheur.
Nous continuons sur le même axe jusqu’à la place
Ta’Sant’Andrija. Un panorama nous permet d’admirer l’autre côté de la ville.
Puis nous arpentons la rue Imthenen et nous débouchons sur la rue principale de
la République. Les minutes se sont égrainées irrémédiablement. Nous effectuons
une nouvelle pause dans le Cordina Café pour boire un Crush et déguster une
douceur.
Ensuite, nous marchons jusqu’au fort St Elmo où nous avons
une vue sur l’entrée du port avec ses deux phares de chaque côté. Nous
continuons jusqu’au Lower Barrakka Garden. Un temple se dresse au milieu du
jardin. Les fleurs colorent les buissons verts. Le temps s’écoulant rapidement,
nous retournons au navire en passant par la porte de Victoria. Le soleil
commence sa descente vers d’autre horizon.
En allant au spectacle, je vois à travers la porte vitrée le
soleil s’évanouir derrière l’étendue maritime. Le disque orangé flotte presque
sur les flots. Je prends quelques clichés avant d’entrer au Celebrity Theater.
Lorsque je vois des jeunes couples gays sur le navire, je me
rends compte que la société nous a volé notre enfance, notre adolescence, notre
jeunesse et notre vie de jeune adulte. Il n’y aura jamais de justice pour le
« mal » que les politiciens, les religions nous ont fait. Il n’y aura
jamais de réparation pour toutes ces vies détruites par eux.
Ce soir, nous accueillons l’artiste londonien Jonathan
Hellyer qui présente son show « The Dame Edna Experience ». Le
performer travesti en dame acariâtre débite ses petites flèches envers la
vicissitude de l’existence d’être gay. Puis il interprète quelques chansons
dont « Alleluia song » qui emporte un certain succès.
Il est temps d’aller rejoindre le monde des rêves pour un
monde meilleur.
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